Moïse
Quatre timbres israéliens ont été émis en 1981 pour évoquer l’histoire de Moïse, le prophète, le libérateur et l’organisateur du peuple de Dieu, sauvé de l’esclavage des pharaons : une figure exceptionnelle de la Bible.
Un premier timbre de 0,70 shekels présente Moïse au mont Horeb, à genoux, entouré de brebis et dominé par le buisson ardent. C’est l’illustration du verset 2 du chapitre 3 de l’Exode : « L’ange de Yahvé lui apparut dans une flamme de feu, au milieu du buisson. Moïse regarda ; le buisson était embrasé, mais ne se consumait pas. » Ce fut là qu’il reçut l’ordre de sauver son peuple, les enfants d’Israël, pour les libérer de l’oppression dont ils étaient victimes.
Sur la partie gauche du haut du timbre est inscrit le nom de Moïse en hébreu et en anglais, sur la partie droite le nom d’Israël en anglais et en arabe, le nom d’Israël étant inscrit en bas du timbre en hébreu. Ces noms de Moïse et d’Israël seront inscrits aux mêmes endroits sur les trois autres timbres de cette série.
Ce thème de Moïse et du buisson ardent a été repris sur le timbre d’une série émise en 1999 (voir l’image plus bas) pour souligner la fête juive de Souccot. Les autres personnages de cette série sont Joseph, Aaron le frère de Moïse, et David.

Le timbre de 1 shekel représente Moïse et Aaron devant le pharaon pour lui demander de laisser partir le peuple de Yahvé. À droite Moïse et Aaron sont debout avec leur canne à la main ; à gauche le pharaon est assis, portant une crosse. Ce timbre évoque une phrase de l’Exode : « Après cela Moïse et Aaron vinrent trouver le pharaon et lui dirent : « Ainsi parle Yahvé, le Dieu d’Israël : laisse partir mon Peuple, qu’il célèbre pour moi une fête dans le désert. » (Ex 5,1) Dieu avait dit à Moïse de se faire accompagner par son frère Aaron. Ses interventions miraculeuses sauvèrent son peuple des situations difficiles qu’il vécut en Égypte et pendant la dure traversée du désert. C’est grâce à l’action providentielle de Dieu et à la personnalité de Moïse qu’est né Israël comme nation au milieu de peuples sédentaires hostiles.
Sur le timbre de 3 shekels apparaissent les fils d’Israël traversant la mer Rouge au milieu des eaux. « Les Israélites marchèrent à pied sec au milieu de la mer et les eaux leur formèrent une muraille à droite et à gauche. » (Ex 14,29) Tout cela est visible sur la gravure.
Les origines de la théocratie hébraïque, issue de l’Alliance du Sinaï, se réfèrent à cette intervention divine et y trouvent le fondement d’une nouvelle conscience religieuse. Pour conduire son peuple au Sinaï, Moïse avait la chance d’avoir vécu de multiples années, comme pasteur, dans cette région désertique, avant de se transformer en conducteur de son peuple.

La séparation des eaux de la mer Rouge et la traversée de la mer ont été repris sur des feuillets émis en 2010 et 1994 (voir l’image plus haut).
Le quatrième timbre de cette série, de 4 shekels, représente Moïse au Sinaï avec les tables de la Loi dans les mains et, en bas, le peuple de Dieu. Il nous rappelle cette phrase de l’Exode : « Lorsque Moïse descendait de la montagne du Sinaï, les deux tables du témoignage étaient dans les mains de Moïse. » (Ex 34,29)
La législation mosaïque concernant la morale est en général supérieure aux autres anciennes législations de l’Orient. Et ce qu’elle apporte de neuf, c’est la proclamation d’un Dieu unique, Juste et Saint, qui réprouve tout péché, qui récompense ou punit la qualité morale des actions humaines. Le Décalogue prescrit les relations des hommes avec Dieu et entre eux.
Lorsqu’on compare la législation mosaïque avec les autres codes d’Orient, celui d’Hammurabi, ceux des Assyriens ou des Hittites, on constate des ressemblances, des coïncidences, mais il s’agit moins de dépendances littéraires que d’un fond commun coutumier antique, sur lequel se sont greffées les diverses législations en les adaptant aux exigences politiques de leurs époques.
Ces quatre timbres sur Moïse sont très intéressants, non seulement à cause de la personnalité primordiale de Moïse dans l’histoire du peuple de Dieu, mais aussi par la beauté de ces timbres, leur présentation, leur dessin, leurs couleurs. Ils sont très estimés des collectionneurs.
Agripino Cabezón, ofm
Source : La Terre Sainte, mars-avril 2000.

