le déluge

Le déluge universel

Certainement l’un des événements les plus importants pour l’histoire biblique, mais aussi pour toute l’humanité depuis la création du monde, est le déluge universel. Plusieurs timbres de l’État d’Israël ont été émis à son sujet.

Les cinq timbres

Un timbre de la valeur de 0,12 agorot représente Noé construisant l’arche selon l’ordre prescrit par Dieu concernant sa forme, ses matériaux et ses dimensions (Gn 6,14). Un deuxième timbre de la valeur de 0,15 agorot fait voir Noé entrant dans l’arche avec deux animaux de chaque espèce, un mâle et une femelle, comme l’avait ordonné Dieu « pour en perpétuer la race sur la terre » (Gn 3,7.15). Un troisième de 0,35 agorot représente le déluge, dû à une crue des eaux sur la terre et l’arche flottant sur les eaux, surmontée par la foudre et les nuages. Le quatrième, de 0,40 agorot, met sous nos yeux la fin du déluge (Gn 8,1-12) : Noé lâcha une colombe qui, ne trouvant pas un endroit où poser ses pattes, revint vers l’arche; car il y avait de l’eau sur toute la surface de la terre. Le cinquième timbre de 0,60 agorot nous rappelle le souvenir de l’Alliance de Dieu avec Noé, l’arc-en-ciel apparu dans la nuée étant le signe de ce pacte avec la terre. Dieu n’exterminera plus les êtres vivants par les eaux d’un déluge. Il n’y aura plus de déluge destructeur sur la terre (Gn 9,9-16).

Une tradition très ancienne

La tradition d’une très ancienne inondation catastrophique est conservée chez beaucoup de peuples. Les diverses hypothèses quant à sa datation (à l’ère mésolithique - 12000 ans avant J.-C. - ou avant cette ère?) sont discutables et discutées. Cette catastrophe n’eut certainement qu’une extension locale mais prend dans la Bible une ampleur universelle.

Ressemblances avec le récit babylonien

Il est intéressant de signaler qu’il y a un parallèle entre la narration biblique et le récit babylonien du déluge. Dans l’un et l’autre récit, le déluge est annoncé par Dieu à un personnage principal; il lui est donné l’ordre de construire une barque; restent seuls vivants ceux qui se sauvent dans cette barque; la barque échoue sur une montagne; divers oiseaux s’en envolent successivement; et après le déluge, on offre des sacrifices.

Les particularités du récit biblique

La grande différence du récit biblique est qu’il affiche un pur monothéisme, alors que la version babylonienne évoque un total polythéisme. La version biblique parle de Dieu de manière anthropomorphique. Et elle présente Yahveh comme le gardien de l’ordre moral. C’est la décadence des mœurs (Gn 6,1-4) des fils de Dieu qui oblige Dieu à intervenir dans l’histoire et à châtier les coupables; mais en même temps, il sauve les justes. Après le déluge, l’humanité prend un nouveau chemin; les conditions du paradis ne sont cependant pas restaurées. Une Alliance de grâce dont Dieu a l’initiative apporte une sécurité à la vie du monde. L’arc-en-ciel en est le signe.

Le temps de la patience de Dieu

À partir de ce moment commence le temps de la patience de Dieu envers les pécheurs. Le péché ne perd pas sa force de séduction, mais il est surpassé par l’action salvifique de Dieu qui conduira à l’élection d’Abraham. L’histoire des origines de l’humanité se poursuivra par l’histoire des origines d’Israël.

NDLR : Un autre timbre de l'administration postale israélienne représente la colombe de Noé tenant une branche d'olivier dans son bec (Gn 8,11). L'illustration reprend un détail du plancher en mosaïque de la synagogue de l'antique Gérasa (Jordanie). Ce timbre a été émis le 25 juin 1950 pour affranchir le courrier par avion.

Agripino Cabezón, ofm

Source : La Terre Sainte, septembre-octobre 1999.